Le sacrifice dans la tradition celtique by Christian-J. Guyonvarc’h


0040b2a2_medium.jpg Author Christian-J. Guyonvarc’h
Isbn 9782910878313
File size 8.2MB
Year 2005
Pages 301
Language French
File format PDF
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© Éditions Armeline, Brest, 2005 ISBN: 2-910878-31-7 Éditions ARMELINE, Poul-ar-Bachet, 1 rue Louis Pidoux, 29200 BREST Introduction : Définition lexicale du sacrifice ous ne nierons pas que le titre du présent ouvrage ressemble à celui de A. K. Coomaraswamy 1, La doctrine du sacrifice 2• C'est au moins sa lecture qui nous a persuadés de la nécessité d'un tel travail. Mais alors que le livre de Coomaraswamy s'attache à décrire et à définir une doctrine exposée et expli­ citée par d'innombrables textes védiques, nous avons affaire, dans le domaine celtique, à une matière floue et presque indéfinissable, attestée presque exclusivement par des faits de vocabu­ laire christianisés ou par des informations antiques dont on est contraint de déplorer la trop grande imprécision. On s'est acharné à décrire la cruauté et la barbarie des Celtes. Il ne manque rien à la panoplie, des druidesses assoiffées de sang aux druides sacrifiant une victime humaine sur une pierre mégalithique (nous nous limiterons à quelques exemples de ces outrances dans lesquelles l'imagination a plus de part que la N LE SACRIFICE DANS LA TRADITION CELTIQUE science). Il est certain que la réalité a été quelque peu différente, même si les preuves, ou les traces, sont le plus souvent difficiles à découvrir et enco­ re plus à interpréter. Le présent travail constitue en fait un élargissement et une explicitation des quelques pages consacrées au sacrifice dans. notre précédent ouvrage sur Les Druides. Il va de soi - mais il vaut mieux le dire d'em­ blée - que le sacrifice tel que nous le concevons et allons l'expliquer est une notion purement religieuse et traditionnelle qui est bien différente des acceptions modernes et contemporaine du mot 3, que ce soit en français ou dans les langues les plus usuelles de l'Europe 4. Ce que nous allons envisager et définir ici, ce sont toutes les dériva­ tions ou déviations issues du terme d'origine qui est le latin sacrificium, lequel devra lui-même être examiné dans ses principales acceptions lexicales. Nous verrons à la suite des présentes généralités la notion de sacrifice telle qu'elle est exprimée par les langues celtiques, du vieil-irlandais au breton moderne et nous verrons ultérieurement le profit que nous pouvons tirer des témoignages grecs et védiques. Le point de départ est bien évidemment le latin sacrificium qui est directement issu de l'adjectif sacer. Il n'est pas possible de proposer aux Occidentaux actuels une autre définition de départ que celle du latin sacrificium. Nous ne pouvons que reprendre ici l'excellente définition ,..._, 6 ·� ) INTRODUCTION d'Ernout-Meillet : « La notion de sacer ne coïncide pas avec celle de« bon» ou de« mauvais» : c'est une notion à part. Sacer désigne celui ou ce qui ne peut être touché sans ê�re souillé ou sans souiller ; de là le double sens de « sacré » ou « maudit» (à peu près). Un coupable que l'on consacre aux dieux infernaux est sacer... » 5. Le sacrificium consiste donc à rendre « sacré » par un quelconque procédé rituel quelqu'un ou quelque chose, c'est-à-dire le séparer du reste du monde en le consacrant aux dieux. Quand il s'agit d'un être vivant, homme ou animal, le sacrificium est presque inévitablement une mise à mort selon des modalités diverses. Mais nous verrons que l'on peut aussi sacrifier des liquides ou des végé­ taux. Tout est possible et, a priori, rien n'est interdit. La christianisation des pays celtiques, en principal et dernier lieu celle de l'Irlande sous l'égide de saint Patrick, a effacé la plupart des faits sacrificiels en même temps que toutes les désignations qui servaient à les nommer à l'exception d'une seule qui a été adoptée par le christianisme pour désigner !'Eucharistie. Un phénomène comparable s'est produit en Gaule avec la romanisation et la disparition de la langue. Mais là, la disparition a été totale. Il ne reste guère, dans tout l'ensemble celtique de !'Antiquité et du Moyen Âge que des faits épars ou résiduels LE SACRIFICE DANS LA TRADITION CELTIQUE que nous nous efforcerons d'étudier et de classer. Nous verrons chemin faisant quel profit et quelles conclusions nous pouvons en tirer. D'une manière générale le sacrifice est, quelle que soit l'époque, le lieu ou la religion, une céré­ monie et un rite. Il met en scène : - un sacrifiant ou sacrificateur, - une victime (dans les deux significations du latin hostia, victime propitiatoire, et victima, vic­ time expiatoire), - des assistants ou des participants. Outre la mise à mort de la victime, homme ou animal, la cérémonie sacrificielle comporte le plus souvent un festin rituel et, parfois une lustration ou une propitiation. Cela étant, la victime est consacrée par un destin exceptionnel et, en même temps, la société humaine, dont elle expie une partie des fautes, se purifie de sa présence. · Le sacrifice est donc une nécéssité religieuse, indépendante de tout point de vue moral ou poli­ tique. Il n'y a aucune religion, et surtout pas le christianisme, sans sacrifice, le plus significatif, même s'il est relativement rare dans les religions antiques, étant le sacrifice humain. L'Eucharistie chrétienne en est une très exacte continuation. Le sacrifice étant l'acte religieux par excellen­ ce, le sacrificateur est obligatoirement un prêtre, INTRODUCTION détenteur d'une initiation et d'une filiation. Aucun sacrifice majeur, c'est-à-dire ôtant la vie à un être humain ou à un grand animal (cheval ou bovin), n'est accompli valab\ement par quelqu'un d'autre. Si nous avons le nom du sacrifice dans les langues néo-celtiques, nous ne l'avons pas en cel­ tique continental et nous n'avons pas davantage le nom du sacrificateur. Mais une dénomination spécialisée n'est probablement pas nécessaire : en effet tout druide est prêtre et est par conséquent apte à pratiquer le sacrifice, quelle qu'en soit sa nature ou son intention. La victime est choisie et consacrée. Elle peut être un homme ou un animal domestique (cheval, taureau, porc) présentant des traits spécifiques déterminés (couleur, âge, origine). La consécra­ tion implique un transfert et une sorte de sacrali­ sation. La victime est donc mise à mort parce que la consécration l'a retranchée du monde des vivants. Son destin posthume est spécial et privi­ légié. Nous définirons ainsi trois sortes de sacrifi­ ces : - Sacrifice de première classe : sans effusion de sang, par les éléments : enterrement, immer­ sion, pendaison, crémation, crucifixion. - Sacrifice de deuxième classe : avec effusion de sang, par le couteau, l'épée ou la lanc , immo­ lation, cruentation. LE SACRIFICE DANS LA TRADITION CELTIQUE - Sacrifice de troisième classe : sans mort humaine ou animale, offrande de denrées diver­ ses, oblation, libation d'un liquide alimentaire (vin ou bière). Au nombre des modes de sacrifices humains on trouvera donc le plus fréquemment : la décapi­ tation, l'enterrement, l'immolation, la crémation, l'immersion, la cruentation, la pendaison. On ajoutera parfois à cette liste les combats de gladia­ teurs dans la mesure où ces combats sont à consi­ dérer comme des sortes de suicides collectifs. Nous devrons distinguer aussi, à tous les niveaux, les sacrifices publics et les sacrifices privés. César le premier nous l'enseigne : sacrificia publica et privata. Nous ne pourrons manquer de faire la distinc­ tion et nous nous efforcerons de la faire claire­ ment tout au long du présent ouvrage. Les sacri­ fices publics sont en général de grands sacrifices d'hommes et d'animaux qui mettent en cause l'É­ tat, au moins un roi, et qui peuvent revêtir une forme militaire (sacrifice ou devotio des armes pri­ ses à l'ennemi). Les sacrifices privés consistent le plus souvent en abattage du bétail après un décès, en offrande de petits animaux ou d'objets (sou­ vent des bijoux) lors des funérailles; ils peuvent être accompagnés de libations. Mais nous verrons aussi que le sacrifice humain, quel qu'il soit, est à considérer comme (..:, 10 •:.)<) INTRODUCTION un fait religieux exceptionnel, pratiqué seulement dans des circonstances graves. Il est loin d'avoir, en terre celtique ou ailleurs, la fréquence des sacrifices d'animaux (cheval, bovin ou ovin, ou bien une simple volaille), et encore moins celle des oblations de produits alimentaires ou de plan­ tes et les libations de boissons fermentées (vin ou bière). Nous constaterons d'ailleurs d'emblée que le néo-celtique ne nous a conservé que le nom de l'oblation, passé dans les gloses irlandaises pour désigner !'Eucharistie. Nous ignorons de ce fait tous les noms éventuels des autres formes de sacrifices, aussi bien en celtique insulaire que continental de !'Antiquité. Nous n'avons pas trouvé d'exemple celtique de la suffocation, comme dans l'Ashvamedha. Nous n'avons pas d'exemple non plus en terre celtique de devotio militaire (c'est un druide qui se dévoue). Et c'est la seule Irlande qui a quelques exemples de la triple mort sacrificielle du roi (par immersion, qui protège la tête lors de la créma­ tion), par crémation (incendie du palais royal) et par immolation (par le glaive ou la lance de l'ennemi). Nous compterons aussi et enfin au nombre des sacrifices privés ceux qui ont pour objet la guérison d'un malade ou dont l'intention est d'écarter le danger de mort du sacrifiant. Il faudra toujours se souvenir, répétons-le, de la double définition de César. Il y avait certaine- FreeLEebooks ==> SACRIFICE DANS LA TRADITION CELTIQUE ment, entre les uns et les autres, non pas une contradiction de principe, mais une énorme diffé­ rence de moyens et d'intentions. Dans la mesure du possible nous nous effor­ cerons de situer le sacrifice dans le temps et le lieu, le plus souvent dans des sanctuaires lors des grandes fêtes liturgiques, en fait lors des grands moments de l'année celtique, ce qui nous obligera à tenir compte des grandes fêtes calendaires. La christianisation de l'Irlande par saint Patrick nous a privé certainement d'une énorme majorité des preuves mais il nous reste encore assez de traces pour nourrir le contenu d'un livre. Ajoutons enfin que les quelques comparaisons qui nous seront éventuellement permises seront presque toutes védiques, grecques et latines, exceptionnellement germaniques. Elles contribueront en tout cas à montrer - sans être déterminantes quant à l'interprétation doctrinale - que le monde celtique ne peut pas s'étudier en dehors ou indé­ pendamment du cadre indo-européen, rejoignant par là, avec ou sans intermédiaire, la Tradition primordiale. INTRODUCTION NOTES 1. Ànanda Kentish CooMARAS\,VAMY. Philosophe, histo­ rien d'art et critique ceylanais (Colombo, 1877 - Needham, Massachussets, 1947). Après avoir occupé différents postes officiels et inauguré en Inde une campagne en faveur de l'éducation, il se consacra à sa carrière d'historien. Il publia en langue anglaise de nombreux ouvrages sur les arts de l'Inde et la philosophie orientale. 2. La doctrine du sacrifice, édition française : Dervy, Paris, 1978, 244 p. 3. Ernoult-Meillet, Dictionnaire étymologique de la lan­ gue latine, éd. 1959, p. 585b-586ab. Tous les dictionnaires français, que ce soit le Larousse ou le Littré, privilégient les acceptations non-religieuses, même chose dans le Deutsches Etymologisches Worterbuch de Kluge. 4. Le sens de base de sacrificium ne subsiste guère qu'au latin. 5. Ernoult-Meillet, Dictionnaire étymologique de la langue lati­ ne, éd. 1959, p. 585b-586ab. CHAPITRE I LE NOM DU SACRIFICE u'est-ce qu'un « sacrifice » envisagé du point de vue religieux et traditionnel, à la fois doctrinal, rituel et pratique ? En 1967, faute de mieux et en dehors de toute recher­ che étymologique, le point de départ était la défi­ nition, uniquement lexicale et moderne, de Littré « Chez les Hébreux, offrande faite à Dieu avec cer­ taines cérémonies et consistant en des victimes ou des dons..., sacrifices humains, sacrifices dans lesquels la victime est un être humain » 1• Mais cette définition trop étroite, pour être conforme au canon de l'Ancien Testament, n'est ni adaptée ni adaptable à la notion de sacrifice dans les religions préchrétiennes de l'Europe 2• En outre il ne serait guère possible au départ, de pré­ senter à nos contemporains occidentaux le sacrifi­ ce autrement que par le biais des définitions lati­ nes, classiques et bientôt christianisées, de sacer et de sacrificium 3• Dès le premier examen on Q LE SACRIFICE DANS LA TRADITION CELTIQUE remarque en effet que la notion celtique ne coïn­ cide pas. Par surcroît tout terme celtique indigène autre que celui qui désigne l'oblation a disparu sans laisser la moindre trace. Le celtique continental de !'Antiquité, en effet, ne nous a pas laissé le nom d'un sacrifice ou du moindre rite sacrificiel. Le breton populaire sakri­ fis étant, comme on s'y attendait, un emprunt au français remontant très haut dans le temps, force nous est de nous tourner vers les autres langues celtiques insulaires, l'irlandais d'abord, le gallois ensuite, qui nous appporteront, par les textes, des témoignages assez précis pour servir de preuves, directes ou indirectes. Le seul inconvénient de la documentation de base, c'est que nous n'avons le nom que d'une seule sorte de sacrifice, l'oblation, irlandais moderne iobairt, irlandais médiéval idpart, vieux-gallois aperth, gallois moderne aberth, breton moderne aberzh (par réemprunt au gallois), d'un vieux-celtique ate-berta. Il va sans dire que nous envisageons ici le sacrifice du seul point de vue traditionnel comme un acte rituel expliqué et défini par une doctrine précise même si pour des raisons qui ne dépen­ dent pas de notre volonté, cette doctrine ne nous est pas entièrement connue et intelligible, ce qui est bien le cas dans le monde celtique. Car toute définition, pour être valable, doit être réservée, en LE NOM DU SACRIFICE premier, aux aspects doctrinaux, techniques et rituels de la cérémonie, lesquels n'ont été que très rarement examinés, si jamais ils l'on été. Le sacri­ fice est en effet une néc�ssité primordiale de l'existence de toute religion, indépendante de toute morale du « bien » et du « mal ». Il n'y a pas de religion possible sans sacrifice. Préalablement à toute tentative d'exégèse ou de commentaire il nous faudra donc déterminer si le nom celtique insulaire du sacrifice limité à l'oblation est une création récente, contemporaine ou postérieure à la christianisation, une restric­ tion de sens provoquée par cette même christiani­ sation, ou si, au contraire, la perte de substance sémantique remonte aux temps indo-européens ou, du moins, préchrétiens 4. Nous savons en effet, maintenant, au terme d'une longue réflexion, qu'il n'est plus utile de rechercher le nom du druide sacrificateur puisque tout druide, quel qu'il soit, en vertu et en conséquence de son état sacerdotal, est apte à pratiquer le sacrifice 5• Les faits irlandais : les gloses et les lois La majeure partie de la documentation lexicale irlandaise est constituée par les gloses, lesquelles sont toutes chrétiennes. On remarque immédiate­ ment à leur propos l'hétérogénéité des formes du même mot et la variété des sens possibles. Il s'agit ,,0 17 CÀ, LE SACRIFICE DANS LA TRADITION CELTIQUE du substantif ou nom verbal idpart, idbart, dont le sens de base est« offrande» et rien d'autre - . i. lindidbairt . i. pro sanguine : « offrande de boisson», glosant oblationem dans le contexte et tradidit semetipsum pro nabis oblationem (Würzburg 22 b 12, Épître aux Éphésiens, V, 2 ; Thesaurus Paleohibemicus, éd. Stokes-Strachan, I, p. 639). - . i. rol{n inbith nuile et caelum bolad inna idbairtesin : « l'odeur de cette offrande a rempli le monde entier et le ciel», glosant oblationem dans le contexte et tradidit semetipsum pro nabis obla­ tionem et hostiam Deo in odorem suauiatis (Würzburg 22 b 13, Épître aux Éphésiens, V, 2 ; Thesaurus Paleohibemicus, I, p. 639). - . i. idbart ar ba ainm leosom peccatum dundid­ bairt adoparthe dar cenn peccati didiu sil adim adro­ predsom combouisse ciasberthe peccatum di : « c'est­ à-dire une offrande, car peccatum était chez eux le nom d'une offrande que l'on offrait à cause du péché ; c'est à cause du péché de la race d'Adam qu'elle a été offerte et il est donc juste que le sacrifice du Christ soit nommé peccatum », glosant peccatum dans le contexte Eum qui non nouerat peccatum pro nabis peccatum fecit (Würzburg 15 d 20, Épître aux Corinthiens II, V, 20 ; Thesaurus Paleohibernicus, I, p. 604). - . i. tdnic aimser moidbartese : « le temps de me sacrifier est venu », glosant instat dans Je LE NOM DU SACRIFICE contexte et tempus resolutionis meae instat (Würzburg 30 d 11 ; Thimotée II, IV, 6 ; Thesaurus Paleohibernicus, I, p. 696). - . i. nitartsat idbarta dz.inni . i. nirogabsamni anidparta h6re narbolour linn afoirbthetu sechni­ thartsatsom ni comtachtmarni : « ils ne nous ont fait aucune offrande et nous n'avons pas accepté leurs offrandes parce que leur perfection ne nous a pas paru suffisante ; ils n'ont rien donné et nous n'avons rien demandé », glosant commonicauit dans le contexte nulla mihi ecclesia commonicauit in ratione dati et accepti, nisi nos soli (Würzburg 24 b 20 ; ad Philippenses IV, 15 ; Thesaurus Paleohibernicus, I, p. 652). - . i. ississi indidbart : « c'est vous qui êtes l'offrande », glosant uestrae dans le contexte Sed etsi immolor supra sacrificium et obsequium fidei uestrae gaudeo (Würzburg 23 c 32 ; ad Philippenses, II, 17 ; Thesaurus Paleohibernicus, I, p. 647). - .i. aconfodlid doberid idbarta dzin : « c'est­ à-dire que vous partagez, vous nous faites des offrandes », glosant commonicantes dans le contexte Uerumtamen bene fecistis, commonican­ tes tribulationi meae (Würzburg 24 b 19 ; ad Philippenses, II, 14 ; Thesaurus Paleohibernicus I, p. 652). - . i. indate innaedbarta fulidi fealdai : « plu­ tôt que des offrandes de chair et de sang », glo­ sant gloriam dans le contexte officia confessionum LE SACRIFICE DANS LA TRADITION CELTIQUE ac laudum mearum plus obtinebunt gloriam gra­ tiae et in meliorem uictimam (Milan 8 7 b 6 ; Psaume 68 ; Thesaurus Paleohibernicus, I, p. 292). - .i. sech ba degedbart 6n in lege : « c'était une bonne offrande dans la loi », glosant uictimam dans le contexte officia confessionum ac laudum mearum plus obtinebunt gloriam gratiae et in meliorem uicti­ mam (Milan 87 b 8 ; Psaume 68 ; Thesaurus Paleohibernicus, I, p. 292). - . i. amal rundgab in beuidbart sin. nochis edbart logmar isin hirecht : « comme cela est l'of­ frande vivante, c'est-à-dire une offrande précieuse dans la Loi », glosant ut dans le contexte et in melio­ rem victimam ut est uitulus (Milan 87 b 9 ; Psaume 68; Thesaurus Paleohibernicus I, p. 292). - . i. nomen dolestur chorth6n bis ocedpartaib dodeib : « c'est-à-dire le nom d'un vase à fond rond qui sert pour lés sacrifices aux idoles », glosant futi­ lis dans le contexte futio, ex quo compositum affutio, futilis...altus uel alitus altilis (Saint-Gall, 56 b 7 ; Priscien, Thesaurus Paleohibernicus, II, p. 109). - . i. in brosnae dombert side dia edbairt fesin ishé crist coc(runn achr)uche fair fesin : « le fardeau qu'il emporta pour lui offrir, c'est le Christ avec le tronc de sa croix sur lui-même », glosant cum lignis dans le contexte hic adest Isac cum lignis et Abracham cum ariete in sabieth herente (Turin 123 ; gloses à saint Marc, manuscrit F. VI, 2, de Turin, second fragment, p. 4, col. 2 ; Thesaurus Paleohibernicus, I, p. 493). ,k 20 <:jo; LE NOM DU SACRIFICE - .i. innaudbirt .i. incaisc: « ce sacrifice, c'est-à­ dire la Pâques », glosant phase dans le contexte obserua mensem nouarum fuguum et ueri primum temporis et facies phase . Domino Deo tua... (Carlsruhe 37 b 3, Codex Augiensis, CLXVII, gloses sur Bède le Vénérable, fol. 37 b 3, marge droite ; Thesaurus Paleohibemicus I, p. 26) Une récapitulation des sens et des formes pro­ duit le tableau suivant Wb 22 b 12 Wb 22 b 13 23 C 32 Wb 24 b 19 24 b 20 WblS d 20 Wb 30 d 11 (lind) idbairt Idbart Idbarta Idparta Idbart Idbart « offrande (de boisson) » gén. idbairte « offrande » « offrandes » « offrande » « sacrifier » (nom verbal) (inna) edbarta « offrandes » Ml 87 b 6 (deg) edbart « (bon) sacrifice > Ml 87 b 8 « offrande » edbart Ml 87 b 9 « sacrifices (aux edpartaib Sg 56 b 7 idoles) » « offrir » Turin 123 edbairt « sacrifice » Karlsruhe 3 7b3 audbirt La morphologie est assez homogène, du moins pour du vieil-irlandais (� 21 <:a, FreeLEebooks ==> SACRIFICE DANS LA TRADITION CELTIQUE Singulier, Nominatif : idbairt (palatal) idbart (non-palatal) edbart audbirt edbarta idbarta idpart idbairte edpartaib idbart edbairt Pluriel, Nominatif : Génitif : Datif : Nom Verbal Le sémantisme n'est pas moins clair : offrande(s) offrande (de boisson), libation : (bon) sacrifice : sacrifice (aux idoles) : onze fois une fois une fois une fois Le sens étymologique d'« offrande » est pré­ pondérant et il s · accorde très bien avec la notion chrétienne d'Eucharistie, l'application païenne de Sg 56 b 7 restant ou devenant conventionnelle. Il est d'ailleurs remarquable que le reste des témoi­ gnages que nous allons citer n'appartienne en rien au répertoire de la mythologie et de l'épopée. Toute mention du sacrifice en a été assez minu­ tieusement expurgée pour que nous n'en trouvions plus aucune trace directe sous la forme du nom spécifique. Tout ce que nous connaissons '"" 22 �)

Author Christian-J. Guyonvarc’h Isbn 9782910878313 File size 8.2MB Year 2005 Pages 301 Language French File format PDF Category History Book Description: FacebookTwitterGoogle+TumblrDiggMySpaceShare Il n’a jamais été consacré d’étude particulière à la doctrine et aux rites du sacrifice dans la tradition celtique. On s’est généralement contenté de répéter le généralités colportées par les auteurs anciens sur la barbarie des Celtes et la cruauté des rites druidiques. La christiannisation a fait disparaître, avec des moyens différents mais pour des raisons comparables, aussi bien en Gaule qu’en Irlande et en Bretagne insulaire, la plupart des témoignages relatifs aux sacrifices. Il nous reste des indices ou quelques preuves involontaires à extraire des textes antiques ou des récits irlandais et gallois médiévaux, sacrifice du cheval ou du taureau, oblation végétale ou libation d’une boisson quelconque, le sacrifice humain étant d’une extrême rareté. Le présent ouvrage étudie le sacrifice, ses rites, ses techniques et sa doctrine comme une nécessité religieuse absolue qui, bien au-delà de l’Antiquité, a perduré dans le christiannisme avec le sacrifice du Christ sur la croix et le sacrement de l’Eucharistie.     Download (8.2MB) Sur Les Sentiers Ignorés Du Monde Celte Les Saints fondateurs de Bretagne et des Pays celtes L’Egypte ancienne Poche Pour les Nuls, nelle éd Sécurité Du Périmètre Réseau: Bases de la sécurité réseau Le Métier De Coach : Spécificités – Rôles – Compétences Load more posts

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