Dictionnaire de Mythologie Celte : Dieux et héros – Jean-Paul Persigout by Jean-Paul Persigout


015892957272c2e-261x361.jpg Author Jean-Paul Persigout
Isbn 9782268009681
File size 4MB
Year 1990
Pages 316
Language French
File format PDF
Category religion


 

Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation reservés pour tous pays. ©Éditions du Rocher, 1985, 1990, 1996 ISBN 2 268 00968 8 REMERCIEMENTS A Jean-Pierre Rousselle, pour le regard perspicace qu' il a bien voulu poser sur ces nombreux personnages malgré sa fréquentation assidue d' autres dieux. A mon entourage bienveillant qui dès le début de mon travail a eu tendance à me considérer comme le héros central des récits mythologiques, dans lesquels la folie recou­ vre de son manteau magique bêtes et gens . . . AVERTISSEMENT Lorsque nos maîtres nous ont appris - abusivement pour certains d'entre nous - que «nos ancêtres se nommaient les Gaulois», nous ignorions que cette« leçon» serait en fait l'uni­ que de notre vie scolaire, au sujet de ces fabuleux ancêtres. La mémoire «hexagonale» se nourrit d'étranges lacunes et d'inébranlables paradoxes. Entrez dans telle bonne librairie, demandez un ouvrage sur la« Mythologie» et vous serez com­ blés... comblés de mythologie dite «classique», grecque ou romaine, peut-être égyptienne ou maya; de celtique, point. C'est, par conséquence, la première fois qu'un véritable «Dictionnaire» de Mythologie celte est édité en France, voire à l'étranger. Son aspect pratique répond à un double souci: mettre à portée de chacun un patrimoine souvent confisqué par quelques érudits ou spécialistes, offrir, sous cette forme, un pendant aux omniprésentes édi­ tions dont fait toujours l'objet la mythologie gréco-latine. Bien sûr, nous avons conscience que cet ouvrage pourra comporter quelques lacunes, mais nous ne prétendons pas, pour cette première pierre posée, à l'exhaustivité; nous devons préci­ ser que ce travail est celui d'un lecteur curieux, amateur insatisfait. L'orthographe de l'ensemble des noms propres peut subir des variations dues aux diverses transcriptions et interprétations des auteurs consultés. Puissent de nombreux émules accumuler leurs pierres à sa suite pour en faire un«cairn» imposant ! à Michelle-Nelly Mousson qui, telle Epona ou Ritona, déesses du « passage », nous attire - ou nous pousse en des lieux où se côtoient rêves et tumultes. Dame-du-Lac de nos lucidités et de nos aveuglements de nos secrets immémoriaux que troublent parfois les chevauchées incessantes du fils de Lyr. ABHCAN. Irlande. Fils de Bicelmos. Harpiste chez les Tuatha De Danann. ACCASBEL. Irlande. Intendant de Partholon, premier constructeur d' une « maison des hôtes », ancêtre de nos hôtels. ACHREN. Galles. Druidesse, elle combat aux côtés de Bran contre Gwyd­ dyon lors de la bataille des Arbrisseaux ; son nom s' appa­ rente à celui de l' arbre. ADDANC . Galles. Monstre, serpent, dragon, équivalent du Minotaure, vivant dans une grotte et réclamant périodiquement son tribut de jeunes gens ; il est tué par Peredur grâce à la Pierre qui « permet de voir sans être vu » que lui a remise « !' Impératrice ». ADDAON. Galles. Fils de Taliesin. Il participe à la bataille de Mont Badon contre les Saxons. ADNAE MAC UTHIDIR. Irlande. Fils d' Utuider et- père de Nédé. Poète (ou file) suprê me d' Ulster. AED ABRAT. Irlande. Père de Fand, son nom s ignifie « le-feu-de-la-pupille-de­ l'œil ». Tuatha De Danann, il est le beau-père de Mananann. 9 AED MAC MORNA. Irlande. Voir à Goll. AED RUAD. Irlande. Aed-le-Roux, père de Macha Mongruad (Macha-la­ Rousse) . Un des trois rois d'I rlande qui étaient convenus, avec Cimbaeth et Dithorba, de régner chacun sept ans. AERACURA. Région de Salz bach. Déesse associée à Sukellos, le « d ieu-au- Maillet ». Ses attributs sont la corne d' abondance ou le panier à fru its, caractérisant les « matrones » ou déesses-mères. AFALLENEU. Galles. Nom gallois de l'île d'Avallon. AFANG. Voir Addanc. AFANG DU. Galles. Afang-le-Noir. Troisième enfant de Tedig le Chauve et de Keridwen ; par sa laideu r, il est considéré comme le plus défavorisé des hommes. C ' est pour lui que Keridwen pré­ pare le Chaudron de Connaissance, mais c'est Taliesin qui en profitera. AGNOMAN. Irlande. Père de N émed le Sacré. Al. Irlande. Poète (ou file) Tuatha De Danann. AIF É . Irlande. Femme-guerrière e t magicienne écossaise qui accueille Cuchulainn pendant un an ; elle appartient à une des communautés de femmes, dru idesses, qui init ient les j eunes gens des grandes fam illes des sociétés celtiques ; ces « éducatrices » sont « dépositaires » de deux fonctions essentielles et dialectiques - éros et thanathos (l' amour, la mort) - qu' elles sont chargées de transmettre ; elles 10 sont init iat rices à la fois de la fonction guerrière et de la fonction sexuelle. Aifé, reine, est en guerre avec Scâthach et « ne tient à rien au monde qu' à ses chevaux et à son char ». Cuchu­ lainn la vainc par ruse et l' oblige à lui accorder trois choses : elle deviendra vassale de Scâthach ; elle lui accordera « l'amitié de la hanche » ; elle lui donnera un fils, Conlé (ou Conlaech) . Cuchulainn, à qui elle a enseigné trois secrets, lui demande d' apprendre à leur enfant tous les tours magico­ guerriers sauf un seul : le « gae bolga » (ou j avelot dans le sac) , puis de l' envoyer en Irlande ; c'est là qu' il sera tué, en combat singulier, par Cuchulainn, son propre père, qui ne le reconnaît pas. AIFÉ . Irlande. Fille du roi Aed Ruad (le Rouge) ; elle doit être livrée en tribut à un Géant Fomoré, mais Cuchulainn la délivre ; ils deviennent amants d' une nuit. AIFÉ . Irlande. Seconde femme du dieu Lir ; il change ses enfants en cygnes et elle-même en monstre aérien peut-être modèle de Mélusine. AIGLE. Symbole d' air et de feu, il accompagne souvent Dana ou Nantosuelta ; animal solaire comme le Coq, il est en rap­ port avec la magie, avec l' âme. AILBE . Irlande. Chien de Mac Dâthô, qui garde le Leinster à lui seul ; il est convoité d' une part par Aillil et Medb du Connaught et de l' autre par Conchobar et les Ulates ; il meurt en attaquant le char d' Aillil vaincu. 11 AILBE. Irlande. L' Aubépine, fille du roi Cormac, petite-fille d' Art et arrière-petite-fille de Conn. AILLIL. Irlande. 1 ) Roi Gaël du nord-est de l' Irlande ; il est le père de la plus belle femme d'Irlande, Etaine, qui est réclamée par Mider à Oengus. Aillil, en échange, demande à Oengus de défricher douze plaines, puis le lendemain de tracer douze rivières, enfin de lui verser le poids d'Etaine en or et en argent. 2) Dans la Tain Bô Cualngé, il est roi de Connaught, époux de la reine Medb (ou Maeve) ; on parle d u « royaume d' Aillil et de Medb »; dans ce couple exemplaire, Aillil tient le rôle de l' homme faible, orgueilleux, sans enver­ gure, Medb celui de la femme forte, dominatrice, conquérante. Entre eux, une question de preseance toute celtique détermine un des épisodes fondamentaux des mythologies indo-européennes : la Tain Bô Cualngé ou Razzia des Bœufs de Cooley. En effet, dans les sociétés celtiques, le conjoint le plus riche des deux (autant la femme que l' homme) possède le pouvoir économique du couple ; or, Aillil possède un taureau de plus : le Beau Cornu d' Ai ; il faut donc à Medb acquérir un taureau plus puissant, plus beau, qui sera le prétexte à la Tain Bô Cual ngé, à la fin de laquelle le Brun de Cual ngé acquis par Medb dépè­ cera le Beau Cornu avant de succomber lui-même. Il est intéressant de constater que les deux animaux sym­ bolisant la force brutale et la richesse matérielle s' anéan­ tissent mutuellement. Au cours de cette épopée sanglante à laquelle de nom­ breux héros mythologiques irlandais sont mêlés, le cocher d' Aillil surprend Fergus et Medb en délit d'adultère ; Ail­ lil ne s' en o ffusque pas, ce qui signifie que Fergus ou un autre peut le remplacer en tant que roi, simple réparti­ teur des richesses et équilibrateur de la société, alors que 12 la reine est créatrice des richesses de la communauté. Ce couple est un archétype de la fonction royale de concep­ tion celtique : d'essence féminine, elle est associée au prin­ cipe mâle du règne « effectif » , incarné ici par Fergus qui remplace Aillil défaillant. AILLIL ANGLONNACH. Irlande. Frère d' Eochaid Aireainn, il devient amoureux de sa belle­ sœur, la belle Etaine ; il lutte en vain contre cet amour secret dont il a honte ; atteint du « mal d'amour », il se languit pendant une année et on désespère de le sauver. Son frère Eochaid s'absente et lui confie Etaine ; Aillil avoue son amour ; Etaine est consentante afin de le déli­ vrer de sa folie. Mais un étrange sommeil s'empare d' Ail­ lil, et c'est un fantôme lui ressemblant qui prend sa place dans le lit d'Etaine ; elle s'en rend compte et identifie le dieu Mider, son ancien époux, qui a tout arrangé. Etaine rejoint Mider et Aillil recouvre la santé. AILLIL OLOMM. Irlande. Possesseur d'une lance à laquelle sont attachés trois geisa (ou interdictions absolues) : elle ne doit pas frapper une pierre ; - ni tuer une femme ; - ni être redressée avec les dents. Le jour où il tue Aîné, il enfreint les trois geisa ; il en devient aveugle et fou. AILLEN. Irlande. Tuatha Dé Danaan, fils de Midhna. Chaque année, depuis neuf ans, il sort de son sidh de Finnahaidh, joue de la harpe du Dagda et de sa cornemuse magique afin d'endormir les habitants de Tara ; souill a nt alors un j et de flammes, il incendie la ville. Il est tué par Finn. AINE. Irlande. Sœur de lait de Bécuna, fille d' Eogabal, reine et fée, elle est considérée comme la fondatrice de la lignée des rois de Munster. C'est elle qui procure à sa sœur la baguette magique de Cûroi Mac Daeré que lui a demandée Art. 13 AINGEN. Irlande. Fils de Néra et d'Aingeni, femme du sidh. AIR. Un des trois éléments fondamentaux avec la Terre et l' Eau ; domaine mystérieux, fluctuant, où seuls les êtres divins peuvent se mouvoir. AIRMED. Irlande. Déesse dont le nom signifie « Mesure », fille de Diancecht, le dieu-médecin. Au cours de la bataille de Mag Tured, elle rassemble les herbes médicinales qui servent à guérir les blessés, à ressusciter les morts, après leur plongeon dans la Fontaine de Santé. Comme son père, on la consi­ dère comme déesse de la Santé. AITHIRNE. Irlande. « L'Exigeant », dru ide d ' U lster réputé pour sa rapacité envers ses victimes ; il a deux fils : Cuigedach-l' Envieux et Apatach-le-Sarcastique. Pour avoir forcé Luaine, com­ pagne de Conchobar, il sera tué par les Ulates. ALOUETTE. Oiseau sacré des peuples gaulois. ALPHABET. Voir à Ogam/Ogham. AMAETHON. Galles. Fils de Dôn, son nom vient du gaulois « ambactos », servi­ teur. Il est le « Grand Laboureur » ; ses quatre frères se nomment Gwyddyon, Hyveidd, Govannon, Gilvaethwy et sa sœur Arianrod. AMBIGATUS. Gaule. Souverain mythique gaulois, son nom signifie « Combat­ tant-des-deux-côtés » ; il a deux fils ou neveux : Segovesus et Bellovesus. AMITI É DE LA HANCHE ou Amitié de la Cuisse. Expression employée dans de nombreux textes. 14 Dans le domaine mythologique, elle possède un caractère d ' initiation sexuelle et de retour à la matrice primordiale. Dans un sens plus quot idien, elle implique une certaine idée de la femme, libre de disposer de son corps. AMORGEN. Irlande. Poète du roi Conchobar, il est l'époux de Findchoen Blanche - Douce -, fille de Cathbad. Findchoen est la mère de Conall Cernach. Amorgen, fils adoptif de Cai Cainbrethch, serait lui-même père adoptif de Cuchulainn. AMORGEN GLUNGEL. Irlande. Amorgen-au-genou- blanc, son nom signifie « Naissance du C hant ». C hef du peuple mythique des « Fils de Mile », il pose le pied droit en débarquant en Irlande afin de l' honorer. Premier poète mythique de l' île, il récite un poème qui reprend tous les thèmes des cultures anté­ rieures et y aj oute ceux de sa propre civilisat ion. Il personnifie en même temps : la Connaissance par le Saumon ; - la Force par le Taureau-aux-sept-combats ; - la Pensée par le Vent de la Mer. ANA/ANNA/ANU/DANA/DANU/DON. Déesse-mère primordiale, mère de tous les dieux et des humains, grand principe de la divinité féminine dans les cultures indo-européennes, elle vient d' une conception néolit hique de la féminité, pondérée par les sociétés de type pat riarcal. Elle est devenue sainte Anne, mère des Bretons (mamm­ goz, mère-vieille) ; on retrouve son nom dans Anapu rna, dans Ana-Perenna, déesse chez les Romains anciens, chez les Tuatha De Danann, peuple de la déesse Dana d'Ir­ lande, dans la Dôn galloise. On peut la considérer sous deux aspects contraires et complémentaires : - Ana la Bienveillante (Buan-ann, Bonne mère) , mère de trois dieux danéens originels : Brian, Iucharba, Iuchar, 15 représentant les trois saisons primitives du cycle annuel, elle-même représentant l' année. Dans le Munster, déesse de plénitude, préposée aux mois­ sons et au bétail, « celle qui nourrit bien les dieux » devient la fertilité, la prospérité. - Ana, liée à Babd et Macha, équivalent de la Morri­ gane, de la Grande Reine, personnage le plus important de la Triade du Destin; c'est de cet aspect que Milton a tiré la Sorcière Bleue, chouette suçant le sang d e ses enfants. ANAON. Armorique. Peuple des défunts (trépassés) ou de l' Autre Monde, qui, traditionnellement, retournent sur les lieux où ils ont vécu, lors des nuits sacrées, en par-ticulier celle de Samain, devenue chez les chrétiens la double fête des Morts et des Saints. ANDARTA. Gaule. Déesse guerrière à qui sont vouées les victoires. Chez les Voconces, déesse à !'Ours ; son nom rappelle celui d' An­ drasta à qui la reine Bouddica demandait protection. Elle protège aussi les chasseurs et marque le « caractère fémi­ nin de la classe guerrière ». ANDRASTA. Galles. Même personnage qu' Andarta la Gauloise. Déesse de la guerre, son nom est en relation avec !'Ours ; la reine Bouddica (Boadicée) invoque sa protection en 61 dans la pl � ine de Londres avant le combat contre les hordes romaines. - ANEURIN. Galles. Un des quatre grands bardes gallois historicomythiques. ANGHARAT. Galles. Angharat-à-la-main-d'or, dame de la cour d'Arthur dont Peredur est amoureux. Il fait le serment de ne plus pro­ noncer un mot tant qu'elle ne lui déclarerait pas son amour; il revient à la cour sans être reconnu afin d'être 16 soigné d' une blessure infl igée par Kai ; on le nomme « le Valet muet », jusqu' au jour où, le soignant sans l' avoir identifié, Angharat lui déclare son amour. ANGUIP È DE. Gaule. Cavalier à l' Anguipède. Cavalier soutenu par un person­ nage à corps humain et aux pieds de cheval ou de bouc ; il peut signifier le mouvement « évolutionniste » du Monde sortant du Chaos primitif. Parfois porteur d' une roue, il est le dieu-cavalier terrassant le Monstre à queue de serpent ou de poisson ; il est la lumière triomphant des forces souterraines et mystérieuses, du jour sur la nuit; c'est le combat du Dagda contre Balor le Fomoré. ANIMAUX. Ils représentent ou sont en rapport avec les principes élé­ mentaires de l' Univers, et aussi avec de nombreux per­ sonnages. Lancelot Lengyel relève les animaux suivants dans la numismatique gauloise: serpents, animaux à queue de serpent, oiseaux rapaces, coq, poissons, cheval en infinies variantes dont le cheval ailé à tête d'éléphant, bovidés et variantes marines, chèvre, souris, rat, chien, cerf, sanglier ; des espèces symboliques, lézard, bête androphage, carnivore indéterminable, hybride entre pachyderme et ours, lion, griffon. Jean Markale souligne cet aspect dans les divers person­ nages qui suivent : l. Kulhwch naît parmi un troupeau de sangliers. 2. Pryderi est déposé, nouveau-né, dans une écurie, pen­ dant la naissance d'un poulain. 3. Art, fils de Conn, signifie Ours, fils de Chien ; il lui est interdit de tuer un ours. 4. Coinchend Cenfada signifie Têtes de Chiens. 5. Cuchulainn est le Chien de Culann. 6. Les noms d'Arthur et de Math ont à voir avec l' Ours. 7 . Marc' h signifie Cheval ; il lui est interdit d'en tuer. 8. Finn signifie le Cerf, et ne peut tuer de faon. 9. Oisin, Oscar, ses descendants sont les Faons. 17 On pourrait en citer beaucoup d'autres tels que Boand (la rivière Boyne) qui n'est autre que Bo-Vinda, la Vache­ Blanche, Cairpré Cenn Caitt, Tête-de-Chat. ANKOU. Armorique. De conception assez récente, mais ancré au plus profond de l'âme bretonne, c'est le personnage de la Mort, por­ tant sa faux emmanchée à l'envers et remplissant sa char­ rette grinçante des âmes des trépassés. ANNA. Galles, Bretagne. Une des sœurs du roi Arthur. ANNIS. Folklore britannique primitif ; la Sorcière bleue qui suce le sang des enfants. ANU. Voir Ana et Danu. ANWYNN/ANNWFN. Galles. Le Monde souterrain, l' Autre Monde, équivalent de l'Anaon armoricain. AOIFE. Irlande. Guerrière, vaincue puis séduite par Cuchulainn ; il lui fait don d'un anneau afin de sceller leur union dont il naîtra un fils. AONBAR. C heval fabuleux, capable de courir tant sur mer que sur terre. APATACH. Irlande. Fils du druide Aithirne, son nom signifie le « Sar­ castique ». ARANROD. Galles. « Roue d' Argent » o u « Anneau d'Argent », fille de Gwyddyon. Voir Arianrod. 18 ARAWN. Galles. Son cheval est gris fer ; lui- même est tout vêtu de gris. Il est l' Abîme, le Royaume des Morts, le maître des Chiens Blancs aux Oreilles Rouges, âmes de l' Autre Monde. Pour se débarrasser de son rival Hafgan, il demande à Pwyll de le remplacer ; ils se substituent l'un à l' autre et Arawn administre le royaume de Dyvet ; lors d'une chasse au Cerf (symbole royal et du cycle du monde) , Arawn conteste la curée de ,Pwyll. Arawn est aussi !'Eloquence, « monté sur un pâle des­ trier », vivant dans son château de l' île de Man ; trois grues en détournent les voyageurs en croassant : « Défense d'entrer! Défense d' approcher! Passez votre chemin! » ARBETH (tertre d') . Galles. On ne peut s' y asseoir sans avoir reçu une blessure ou vu un prodige. ARBRE. Axe primordial du Monde, trait d'union entre les trois Mondes terrestre, céleste et souterrain, il représente aussi l' Univers lui-même tout en étant son axe. Son renouveau saisonnier indique que la regénération continuelle du Cosmos, c'est l' Arbre de Vie. Le Bois est symbole de sagesse et de sciences surhumaines. L ' if, le coudrier, le sorbier, le chêne sont des arbres drui­ diques ; le pommier est l' arbre de la science du bien et du mal ; l' Arbre de Mugna possède à lui seul les vertus du pommier, du noisetier et du chêne. Voir à chaque nom d' arbre et à Ogham les significations particulières. ARCH ÉTYPES. Personnages de base des épopées celtiques, d' après L. Lengyel : 1 . Le Roi : personnification de la fertilité, garant de la prospérité et de l' équilibre du monde, son épée est un symbole viril ; il ne se mêle pas aux actions de ses guer­ riers ; il « signifie ». 2. Le Champion : représente la force dynamique et l' acti­ vité d' une culture ; ses combats se déroulent au niveau 19 symbolique et les héros subalternes sont des faire-valoir. 3. Les Parents Nourriciers : précisent le « dosage cultu­ rel » de l' adolescent qui leur est confié en fosterage. 4. La Femme : figu re de la Déesse-Mère ; compagne et conseillère du Dieu ; elle n' accouche pas, elle « crée », avec une potential ité de virginité cycliquement renouvelée. 5. Le Druide : source magique des dieux solaires et dieu solaire lui-même, il est le pilier central de l' idéologie. 6. Le Géant : souvent sans nom et d'un âge immémorial, représentant de l' Autre Monde. 7. L ' Intermédiaire : déclenche les liaisons ou les conflits entre les antagonistes, d'où est tiré l' enseignement initiatique. L'Intrigant : sensiblement le même rôle que l' intermé­ diaire, mais sur un mode bouffon. ARDUINA. Gaule. Déesse à l'ours, éponyme des Ardennes. ARIANROD/ARANROD. Galles. Fille de Dôn, mère de Llew et de Dylan. Déesse-mère et déesse de l'Amour, son nom signifie « Roue d'Argent », la Mystérieuse ; elle a cinq frères : Gwyddyon, Amaethon, Hyveidd, Govannon, Gilvaethwy. Devant remplacer la pucelle Goewin auprès de Math, il lui fait subir une épreuve afin de savoir si elle est bien vierge ; mais en franchissant la Baguette Magique, elle enfante un garçon blond ainsi qu'un autre que Gwyd­ dyon subtilise. Le garçon blond se nomme Dylan, mais elle ne reconnaît pas l' enfant enlevé par son frère et affirme que c'es t l' enfant de son propre frère. Grâce à un subterfuge, Gwyddyon fait reconnaître l' enfant par Arianrod ; elle le nomme Lieu Llaw Gyffes. La référence au cercle d' argent semble être une image lunaire, la femme au rouet d' argent faisant tourner le monde, mère des j u meaux Gwengwyngwyn - trois fois blanc, comme la lune - et Gwanat. Une étymologie différente peut être ar-ri-an, équivalant à « puissante mère féconde » à laquelle James Joyce se réfère en créant Anna Livia Plurabelle. 20 ARIU. Irlande. Voir Lough Neagh. Fille d' Ecca et d'Ebliu, elle épouse Cornan le Simple, prophète à moitié sage et à moitié fou. ARMAGH. Irlande. Les Collines de Macha ; lieu sacré où repose le corps d' une des Trois Macha, épouse de Nemed le Sacré. ARMED. Irlande. Tuatha Dé Danann, fille du Dieu-médecin Diancecht, elle est elle-même spécialiste des herbes et des simples. ART. Irlande. Fils de Conn Cetchathach-aux- Cent-Batailles, c'est un des rois suprêmes d' Irlande, père du roi-juge Cormac. Il est exilé par Conn, à la demande de Bécuna, concubine de son père et qui est amoureuse de lui. Contre elle, il gagne une première partie d' échecs et l'envoie c�ercher la Baguette Magique de Cûroi Mac Daeré ; elle parvient à la rapporter ; il perd la seconde partie, Bécuna s' étant fait aider par les Tuatha Dé Danann ; c' est elle qui l'envoie à son tour sur un coracle à la recherche de Delbchaen, fille de Morgan ; il aborde dans l' île merveilleuse de la reine Creidé qui l' héberge dans la Chambre de Cristal ; puis, sur l'océan, il affronte des monstres, des cerfs, et les « Chiens de Houx » puis des crapauds, des lions, enfin une rivière de glace. Il vainc Curnan Cliabhsalach-à-l' atroce­ poitrine puis Ailill Dudhdedach-aux-dents-noires, il tue Morgan et Coinchend Cenfada et revient triomphant à Tara avec Delbchaen après en avoir fait sa femme, et chasse Bécuna. ARTAIOS. Gaule. Surnom du dieu Lug, ici lié à !'Ours. ARTHUR/ ARZUR/ARTHUS. Cornwall, Galles, Armori­ que, île de Bretagne. • Le personnage est d' une rare complexité tant au plan mythologique qu' au plan historique ; il forme avec Mer­ lin (Myrddyn) un couple divin du type Mithra/Varuna 21 que G. Dumézil a considéré comme fondamental à la conception même de la « souveraineté » de type indo­ européen et donc celtique. • Art, l' Ours, est à rapprocher d' une racine indo­ européenne « ar », ayant plusieurs significations : labou­ reur (français araire, aratoire), ordre, arctique (comme l' ours polaire), seigneur (aryen) ; Arthur se présente ainsi comme le nouvel archétype du dieu agraire, chas­ seur, successeur des divinités néolithiques. Roi, il est le garant suprême de la prospérité du pays, de sa stabilité, de la paix. Sur un plan historique, il peut représenter le celtisme résistant face aux nouveaux arrivants germains (Angles et Saxons) . • En « dormition » dans l' île d' Avallon, il reviendra un jour matérialiser le rêve toujours v ivant de la fraternité interceltique. • Roi de toutes les Bretagnes, époux de Guenièvre (Gwenhwyfar) , fondateur et Grand Maître de l'Ordre des Chevaliers de la Table Ronde dans la version tar­ dive christianisée, il représente le peuple celtique tout entier « au-delà » de l' espace et du temps », avatar modernisé de Toutatis le Gaulois. • Roi polaire (arct ique est de même racine) , il représente autant que le Chêne ou le Pommier l' axe du Monde ; et par sa chasse perpétuelle au Sanglier divin, il symbolise le pouvoir temporel à la recherche de la connaissance spirituelle. • Fils du roi Uther Pendragon - mab uter -, il possède une épée magique, Kaledfwlch (Escalibur) , un chien, Kawal (Cavall) , u n cheval (Llamrei) et un bouclier magique (Prytwen) qui peut, entre autres choses, lui servir de navire. • Selon la coutume celtique, il n'est pas élevé chez ses parents, mais « placé » dans une famille : c'est à un che­ valier, Seven, que son éducation est confiée ; il a pour compagnon le propre fils de Seven, Kai (ou Kei, Ké) . • Au soltice d' hiver, Myrddyn (Merlin) le démiurge orgamse la traditionnelle cérémonie de passation des 22

Author Jean-Paul Persigout Isbn 9782268009681 File size 4MB Year 1990 Pages 316 Language French File format PDF Category Religion Book Description: FacebookTwitterGoogle+TumblrDiggMySpaceShare Voici le premier dictionnaire de mythologie celte consacré aux dieux et aux héros. Si les mythologies classiques bénéficient d’ouvrages de référence nombreux. Il n’en est pas de même pour la mythologie celtique dont on reconnaît pourtant chaque jour davantage l’importance dans notre formation culturelle et spirituelle. Jean-Paul Persigout a rassemblé, au cours d’une patiente et minutieuse enquête, tous les renseignements essentiels provenant des textes et des traditions celtiques. Son dictionnaire met à la portée de chacun un patrimoine qui restait confiné dans les bibilothèques ou des ouvrages spécialisés plus ou moins inaccessibles. Près de 1 000 noms sont ainsi répertoriés, définis, expliqués à la lumière de l’histoire et de la tradition. Passionnant voyage à travers la civilisation celtique, ce dictionnaire nous permet de retrouver des racines trop souvent oubliées ou déguisées.     Download (4MB) Sources et évolution de la physique quantique : Textes fondateurs Arrêtez de vous tromper : 52 erreurs de jugement qu’il vaut mieux laisser aux autres… Hubert Lemaire, Musulmans : Vous Nous Mentez Cinq siècles de mathématiques en France “Dis-moi où tu as mal” Le Lexique: Load more posts

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